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Cameroun : Un ancien Préfet rejoint l’opposition et prend sa carte au MRC dans le Haut-Nkam

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Le phénomène n’est pas nouveau au Cameroun. De nombreux administrateurs civils, après leur retraite, choisissent de s’engager en politique. Mais si la majorité rejoint le parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), certains font le choix inverse. C’est le cas de Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE, ancien chef de terre, qui a officiellement annoncé son engagement au sein du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

Une annonce faite le week-end dernier lors d’un meeting politique organisé dans le département du Haut-Nkam, Région de l’Ouest, où le parti d’opposition renforce son maillage territorial.

Un administrateur chevronné qui a servi à Douala

Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE n’est pas un administrateur anonyme. Au cours de sa carrière au sein du Ministère de l’Administration Territoriale, il a occupé plusieurs postes de commandement, notamment dans la région du Littoral.

Il revendique lui-même un parcours singulier : avoir été le premier sous-préfet à servir successivement dans deux unités administratives de la métropole économique du Cameroun, Douala, pendant cinq années. Un passage qu’il qualifie de formateur et durant lequel il dit avoir cultivé la rigueur et l’intégrité.

« Ceux qui m’ont côtoyé peuvent en témoigner, j’ai toujours été un administrateur intègre. Dans la métropole économique, j’ai toujours veillé à ce que les résultats sortis des urnes soient respectés », a-t-il déclaré devant les militants.

Admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2022, soit il y a quatre ans, il estime aujourd’hui ne plus être tenu par le devoir de réserve et de neutralité qui s’impose aux fonctionnaires en activité.

Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE nouveau militant du MRC

Pourquoi rejoindre l’opposition après une carrière dans l’administration ?

C’est la question qui suscite le plus de commentaires. Au Cameroun, l’administration est souvent perçue comme proche du pouvoir en place. Le fait qu’un ancien Préfet rejoigne un parti d’opposition est donc un signal politique fort.

Dans son adresse aux populations du Haut-Nkam, Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE a tenu à couper court aux interprétations.

« Je le dis aujourd’hui haut et fort, nul ne m’a contraint. Les gens pensent qu’être opposant signifie être compromis ou à la solde de puissances étrangères. C’est faux. Vous croyez que si j’avais été avec eux, à mon âge, on m’aurait éjecté du système ? Regardez comment je me tiens encore debout », a-t-il lancé.

Il poursuit : « Je suis venu au MRC pour donner le meilleur de moi-même, pour apporter mon expérience du terrain et du service de l’État au profit du changement. »

Un discours qui a été bien accueilli par les responsables locaux du MRC, qui y voient la preuve de l’ouverture de leur parti aux compétences issues de tous les horizons.

Un ralliement symbolique dans le Haut-Nkam

Le choix du lieu n’est pas anodin. Le département du Haut-Nkam, dans la Région de l’Ouest, est une zone à fort enjeu politique. Le MRC y a organisé un meeting de remobilisation de ses troupes, en présence de plusieurs cadres régionaux.

L’arrivée de Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE, originaire de la localité, est présentée par le parti comme un renfort de poids. Son expérience d’ancien chef de terre est un atout pour encadrer et structurer les militants à la base.

Ce ralliement confirme une tendance observée ces dernières années : de plus en plus de hauts fonctionnaires à la retraite n’hésitent plus à s’afficher politiquement, rompant ainsi avec une certaine tradition de discrétion.

Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE alors Chef de terre
Que dit la loi sur l’engagement politique des anciens fonctionnaires ?

Au Cameroun, le statut de la fonction publique impose un devoir de réserve et une obligation de neutralité aux fonctionnaires en activité. Une fois à la retraite, ce devoir s’estompe, même si une certaine retenue morale est attendue.

L’engagement de Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE est donc parfaitement légal. Il intervient quatre ans après son départ de l’administration, ce qui lui confère une totale liberté d’opinion et d’engagement politique.

En conclusion, le passage de Jean Marie TCHAKUI NOUNDIE de l’administration au militantisme au sein du MRC illustre la recomposition progressive du paysage politique camerounais. Un parcours qui ne manquera pas d’alimenter le débat sur le rôle des anciens commis de l’État dans le jeu démocratique.

Martin Etalobe

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